Retour en mars 2010
Il est plus de minuit, je ne ressens plus mes paupières mais je n’arrive pas à enlever mon enfant de la tête.
J’ai passé la journée à me persuader que son père n’oserait pas l’emmener loin de moi, surtout sans ses affaires pourtant c’est bien ce qu’il a fait.
Je ne peux même pas porter plainte car monsieur est, semble-t-il, dans ses droits. Et le droit des enfants, utilisés comme objet de chantage; où en est-on?
J’imagine qu’il fait cela pour me faire mal mais comprendra-t-il un jour le mal qu’il fait à notre enfant. Ironie de l’histoire, comme par hasard cet homme agit un dimanche, le jour où vous ne pouvez même pas contacter un avocat voire une permanence d’écoute.
Je me demande de plus en plus quels sont mes droits en France. Je n’ai pas demandé à cet homme de me détourner de mes projets pour finir en boniche et encore moins de me demander de quitter mon pays, même si Haïti n’est plus le même depuis le séisme, pour subir des insultes et des humiliations de ses parents et de sa part. Et comme par hasard, ma belle famille prend la place de la victime en niant tout de sang froid. Je comprends mieux pourquoi leur fils, l’homme que j’ai épousé peut être si odieux envers moi et se faire plaindre par tous.
Quant à mon enfant, dormira-t-il cette nuit? Tout le monde s’en foût!
Dans huit heures, j’irai à l’école maternelle mais sans elle. Je souhaitais la regarder faire sa rentrée comme une grande mais je n’irai que pour signaler son absence.
Quand pensera-t-on aux conséquences que subissent les enfants dans tout cela?
J’ai mis cet enfant au monde, je l’ai allaité huit mois, je l’ai gardé pendant trois ans à la maison et depuis un an, elle ne dort qu’avec moi. Des attestations mensongères veulent faire croire que je suis une mère irresponsable mais, je me demande pourquoi mon enfant était si épanouie avant les conflits entre son père et moi.
J’ai mal, je pleure mais je ne deviendrai pas folle comme rêvent mes beaux parents et surtout mon mari.J’ai épousé une famille de pervers mais la vie ne s’arrêtera pas demain.
Mon mari se croit tout permis, surtout qu’il est sur son territoire et moi je dis que la roue, elle tourne toujours.
La justice des hommes? Vive l’égalité, si bien enchérie dans la devise……!!!!